Les syndicats manifestent contre le projet Optilab

«Les travailleurs sont en panique actuellement. Ils s’inquiètent beaucoup pour leur avenir», raconte celle qui n’a pas été avisée par la partie patronale du pourcentage des employés qui seront transférés.SAINT-JÉRÔME. Sur les quelque 110 technologistes médicaux à Saint-Jérôme environ 20 % perdront leur emploi et d’autres seront transférés à Laval à cause du projet Optilab du ministre de la Santé Gaétan Barrette, ont dénoncé les syndiqués jeudi.

 

Dans la région, ce projet entraînera le regroupement des laboratoires de Laval, Laurentides et Lanaudière. C’est le laboratoire de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval qui a été désigné à titre de laboratoire serveur où une majorité d’analyses seront effectuées. Cette décision aura un impact sur le service rendu à la population, estime Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

«On pense que les délais de traitement pour les spécimens vont être dépassés et nous avons peur qu’il y ait des pertes lors des transports. Des gens pourraient devoir repasser des tests», a expliqué Mme Gaouette lors d’une manifestation tenue devant l’Hôpital de Saint-Jérôme où s’étaient réunis des représentants syndicaux et des employés.

Ce projet aura pour conséquence la perte d’environ 22 emplois à Saint-Jérôme et le transfert de plusieurs technologistes et provoquera ainsi la perte d’une expertise dans les Laurentides, déplore la vice-présidente

«Les travailleurs sont en panique actuellement. Ils s’inquiètent beaucoup pour leur avenir», raconte celle qui n’a pas été avisée par la partie patronale du pourcentage des employés qui seront transférés.

Les employés inquiets

À l’instar de Mme Gaouette, Jean-François Boucher, président du syndicat des employés du CISSS des Pays-d’en-Haut, affirme que les quelque 300 technologistes des Laurentides vivent une grande incertitude.

«Ça change une vie lorsqu’on apprend qu’on devra désormais travailler à Laval. Dans ce métier, c’est difficile de se replacer parce que c’est très spécifique comme emploi. Des gens qui habitent loin de Laval devront réorienter leur carrière ou déménager leur famille», observe M. Boucher qui affirme que son syndicat fera tout en son pouvoir pour garder le maximum d’emplois en région.

De son côté, Frédéric Brun, vice-président du Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides, s’inquiète pour le service donné à la population de Saint-Jérôme.

«Le gouvernement veut toujours centraliser tout ça en réduisant les services à la population dans la région», s’indigne M. Brun.

Pas de fermeture de laboratoire

Le projet Optilab n’entraînera pas la fermeture des laboratoires qui se trouvent dans les hôpitaux des Laurentides, a précisé la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, en juin dernier.

«Les analyses provenant des patients hospitalisés et de l’urgence où les analyses ne pouvant être transportées continueront d’être traitées dans les laboratoires locaux qui poursuivront leurs opérations de façon complémentaire», a indiqué la direction du CISSS.

Elle a également mentionné que la mise en commun des ressources matérielles pour les régions de Laval, Laurentides et Lanaudière permettra de munir le laboratoire de Laval de serveur d’équipements très performants et à la fine pointe de la technologie, améliorant ainsi la capacité de production globale et la qualité de certaines analyses.

laurentides-express-journal-le-nord   http://www.journallenord.com/actualites/politique/2016/11/24/les-syndicats-manifestent-contre-le-projet-optilab.html

 

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LA CSN LAURENTIDES DEVANT LE CONSEIL GÉNÉRAL DU PARTI LIBÉRAL

(Saint-Jérôme, le 12 novembre 2016) – Des militants des syndicats CSN des Laurentides ont joint leur voix à celles des travailleurs CSN de Lanaudière, de Laval et du Montréal métropolitain, devant le Sheraton Laval où se réunissaient les militants du Parti libéral en Conseil général, le samedi 12 novembre au matin. Les dernières annonces de fusion de services du réseau et l’attitude de Gaétan Barrette, ministre de la Santé, ont été vertement dénoncées par les participants.

 

Profitant de l’instance du Parti libéral, élus et militants ont souligné que la CSN n’abandonnerait pas et que si la direction du parti et du gouvernement continuait à aller de l’avant, les membres du Parti libéral avaient la responsabilité de s’opposer à la réforme Barrette qui réduit les services à la population. Selon Jean Lacharité vice-président de la CSN, « le gouvernement procède carrément à la destruction du réseau public de santé et de services sociaux. Nous dénonçons depuis des années les politiques libérales, mais le ministre Barrette préfère y voir un complot syndical. Nous déduisons de cette affirmation simpliste un manque de respect profond envers la population et les travailleurs du réseau ».

 

Impacts dans les Laurentides

 

Depuis la mise en branle de la réforme, suppressions de postes, surcharge de travail, manque de personnel en CHSLD et fusion de services, pour ne nommer que ces exemples, contribuent au démantèlement du réseau public. Chantal Maillé, présidente du Conseil central des Laurentides CSN s’inquiète de la préférence accordée au secteur privé par le gouvernement : « Les mesures qui dépouillent les CLSC en imposant le transfert de ressources vers les groupes de médecine familiale (GMF) ou les super-cliniques privées, la fusion des laboratoires vers un mégalaboratoire à Laval se traduisent par la perte d’emploi de qualité dans la région, la diminution du rôle du réseau public et s’inscrivent clairement dans un processus de privatisation. Il est difficile d’interpréter autrement les nouvelles qui se succèdent et les réformes qui font en sorte de favoriser l’entreprise privée ou les cliniques de médecins millionnaires en niant l’expertise des travailleurs du réseau en place ».

 

Élections partielles

Les élections partielles dans Saint-Jérôme le 5 décembre prochain seront suivies de près et pour le Conseil central des Laurentides de la CSN, la candidate libérale n’est certainement pas une option pour la région. « Nous ne sommes pas dupes non plus du discours racoleur de certains et dont les agissements passés laissent douter de leur réelle volonté de protéger les services à la population. Dans tous les cas, nous serons présents pour les interpeler », de conclure la présidente, Chantal Maillé.

 

 

À propos de la CSN

 La CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux avec plus de 120 000 membres réunis sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

Pour information :

Josée Chapdelaine, conseillère syndicale
Conseil central des Laurentides
450 438-4196

 

Ariane Gagné, conseillère syndicale
Service des communications CSN
514 349-1300
ariane.gagne@csn.qc.ca