Droits des femmes occultés, démocratie menacée.

Les Tables régionales de groupes de femmes et leur Réseau lancent un appel au nouveau gouvernement

St-Jérôme, 20 octobre 2015 – Les dix-sept Tables régionales de groupes de femmes du Québec et leur Réseau sont déçues de la campagne électorale fédérale. « Nous avons assisté lors de cette campagne à une instrumentalisation éhontée de la délicate question du port du niqab. Tout au long de la campagne, on a agité ce voile pour masquer le visage sexiste des politiques gouvernementales canadiennes et cacher le peu d’importance que les partis politiques accordent aux femmes », d’affirmer la coordonnatrice du Réseau des Tables, Blanche Paradis.

 

On a ainsi dissimulé une feuille de route gouvernementale sexiste et misogyne partant de l’abolition du registre des armes à feu en passant par l’étude de projets de loi visant la recriminalisation de l’avortement, la fin de l’aide internationale pour les services d’avortement dans les pays du Sud, la réduction de 43% le budget de Condition féminine Canada et la fin du financement de la recherche féministe et de la défense des droits des femmes par le Programme de promotion de la femme,  l’affaiblissement de la protection et des droits des réfugiées, l’annulation du programme pancanadien de service de garde, pour aboutir au refus obstiné de tenir une commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. On a ainsi tenté de camoufler des décisions politiques qui vont à l’encontre de l’autonomie économique des femmes tels le fractionnement des revenus familiaux pour faire épargner de l’impôt aux couples à revenu, l’affaiblissement de la protection de l’assurance emploi et changement de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans et donc de l’accès à la pension de vieillesse et au supplément du revenu garanti. Le nouveau gouvernement doit corriger ces injustices.

 

En 1995, suite à l’adoption du Programme d’action de Beijing, le gouvernement du Canada s’est engagé sur la scène internationale à appliquer l’analyse comparative entre les sexes. Cette méthode de gestion oblige les gouvernements à évaluer tout programme, politique, mesure ou loi en fonction de son impact sur les femmes et les hommes. Par le fait même, il doit s’assurer que ses décisions ne sont pas défavorables à l’un ou à l’autre sexe. Le gouvernement canadien a jusqu’à présent lourdement failli à cette tâche. Nous comptons sur le gouvernement nouvellement élu pour  mettre en œuvre des lois, politiques et stratégies favorisant l’égalité pour toutes les femmes et mettant fin à la discrimination systémique qui s’exerce contre elles.

Au cours de la campagne électorale, on a offert aux chefs de partis de débattre sur les questions qui préoccupent les femmes.  Le premier ministre ayant refusé ce débat, les autres chefs de partis ont fait de même, démontrant ainsi leur peu d’intérêt pour ces questions. D’ailleurs la piètre performance de l’ensemble des partis, à l’exception du NPD, dans la présentation de candidatures féminines à ces élections qui s’élève à peine à 33%, est une autre illustration du peu d’attention accordée aux besoins et préoccupations des femmes. « Comme si on pouvait se passer de la contribution de la moitié de la population dans l’élaboration des politiques et dans la prise des décisions concernant notre avenir. Les discours démagogiques que l’on a tenus durant cette campagne électorale et l’exclusion des femmes du débat politique menacent et nuisent au processus démocratique. La prise en compte des voix des femmes, il est là le réel changement dont nous avons besoin»,  d’ajouter la présidente du Réseau des Tables, Francine Rivest.  Maintenant que le gouvernement de Stephen Harper a été défait, les dix-sept Tables régionales de concertation des groupes de femmes et leur Réseau souhaitent que les parlementaires s’attaquent au mode de scrutin actuel pour le remplacer par un mode de scrutin proportionnel qui favorisera l’émergence d’un pluralisme politique et l’équité de représentation pour les femmes.

 

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Le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes regroupe les dix-sept Tables régionales de groupes de femmes. En tant qu’organisme féministe de défense collective des droits des femmes,  il porte auprès des instances nationales les réalités régionales et prend position dans une perspective d’égalité entre les sexes et de plus grande justice sociale.

Le Front commun prêt à déclencher la grève le 26 octobre

Négociations du secteur public

 

Québec, le 9 octobre 2015 – Fort d’un mandat de grève de six jours, le Front commun annonce que ses premiers jours de débrayage se tiendront dans la semaine du 26 octobre si aucune avancée sérieuse n’est constatée aux différentes tables de négociation du secteur public.

 

« Cela fera bientôt un an que nous négocions avec le gouvernement, rappelle le président de la FTQ, Daniel Boyer. Jusqu’à ce jour, il n’a toujours pas répondu à nos préoccupations concernant le retard salarial, la précarité d’emploi, le recours au secteur privé pour la prestation de services ou encore la dégradation de l’autonomie professionnelle des salariés du secteur public. Les offres présentées par le Conseil du trésor en décembre ne sont ni plus ni moins qu’une fin de non-recevoir de nos demandes. Et tant que le gouvernement demeure sur sa position de gel salarial, il nous est impossible d’entrevoir une contre-proposition. Le gouvernement doit envoyer dès maintenant les mandats nécessaires à ses négociateurs pour que nous en arrivions à un règlement satisfaisant et négocié. »

 

« Notre calendrier de grève, basé sur le principe de gradation des moyens de pression, prévoit laisser tout l’espace nécessaire à la négociation, affirme Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Nous commencerons, si nécessaire, la semaine du 26 octobre prochain, à raison d’une journée par région. Selon la conjoncture de la négociation, si nous ne parvenons pas à une entente à l’ensemble de nos tables, nous poursuivrons la grève dès le 9 novembre, avec deux journées pour chacune des régions du Québec. Et si nous sommes toujours dans l’impasse, nous n’aurons d’autre choix que de déclencher une grève nationale les 1er, 2 et 3 décembre prochain. Nos membres sont très conscients des impacts éventuels sur la population d’un débrayage, mais l’intransigeance du gouvernement nous pousse à devoir augmenter les moyens de pression. Notre intention n’est pas de nuire à la population, mais bien d’améliorer nos conditions de travail et de garantir l’accessibilité à des services publics fortement malmenés par le gouvernement libéral. Le droit de grève est un droit constitutionnel reconnu par la Cour suprême qui s’applique également aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public. »

 

Ces journées de grève s’exerceront sur une base nationale dans le cas des fonctionnaires et des ouvriers de la fonction publique du Québec, ainsi que des salariés de l’Agence du revenu du Québec et de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.

 

« La détermination des 400 000 membres du Front commun est à la hauteur de l’arrogance du gouvernement libéral, souligne la porte-parole du SISP, Lucie Martineau.  M. Coiteux a vu les images de notre manifestation monstre samedi dernier rassemblant plus de 150 000 personnes, provenant de partout au Québec, qui ont déferlé dans les rues de Montréal. J’espère qu’il saisit bien l’ampleur des mandats de grève que nous avons obtenus. De toute ma vie, je n’ai jamais vu d’assemblées aussi bondées, de mandats de grève aussi forts. Notre objectif n’est pas de faire la grève. Nous avons toutefois l’obligation de mettre toute la pression nécessaire sur le gouvernement libéral afin d’en arriver à un règlement pour préserver la qualité des services publics. Évidemment, avant d’exercer notre droit de grève, nous comptons utiliser tous les moyens nécessaires. Voilà pourquoi, dès lundi prochain, des actions de perturbations socio-économiques seront menées dans l’ensemble des régions du Québec. »

 

Grève tournante

 

La grève tournante du Front commun sera faite par des enseignants, des infirmières, des professionnels, des techniciens, du personnel de soutien et administratif, des ouvriers et des fonctionnaires dans l’ensemble des établissements des réseaux de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des cégeps, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique. En alternance, les différentes régions du Québec seront en grève aux dates suivantes :

 

26 octobre : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Laurentides, Lanaudière, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Nord-du-Québec.
27 octobre : Québec–Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, les fonctionnaires et ouvriers de la fonction publique du Québec ainsi que de l’Agence du revenu du Québec
28 octobre : Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec et Mauricie
29 octobre : Montréal, Laval et les salariés de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse

 

9 et 10 novembre : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Laurentides, Lanaudière, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Nord-du-Québec.
12 et 13 novembre : Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec, Mauricie, Québec–Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, les fonctionnaires et ouvriers de la fonction publique du Québec ainsi que de l’Agence du revenu du Québec
16 et 17 novembre : Montréal, Laval et les salariés de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse
 
1er, 2 et 3 décembre : grève nationale.

 

 

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.